Sermons
La Lecture Erronée De La Richesse Materiélles
La théologie de la pauvreté est une lecture négative de la richesse matérielle; que celle de la prospérité, une embrassive…
Sainte Écriture: 1 Corinthiens 3 : 21-23; Aggée 2 :8
Video
Réactions
Imprimer
TROISIÈME PIÈGE_LA LECTURE ERRONEE DE LA RICHESSE MATERIELLE
Introduction
L’argent, les biens matériels en général, représentent un piège spirituel dangereux pour la vie et le ministère du leader chrétien. Il existe deux lectures erronées de la richesse matérielle qui peuvent paralyser la vie et détruire le ministère du leader chrétien : la théologie de la pauvreté et la théologie de la prospérité.
La théologie de la pauvreté : une lecture négative de la richesse matérielle
Il est une partie assez importante de la chrétienté universelle qui regarde l’argent, la richesse matérielle en générale, avec suspicion. Consciemment ou inconsciemment, ces derniers établissent une relation de cause à effet d’une part, entre la sainteté et la pauvreté matérielle ; et d’autre part, entre l’impureté et la possession de l’argent et des biens matériels. A mots couverts, les chrétiens sont encouragés à la pauvreté matérielle, malgré leurs occupations séculières. N’est-ce pas vrai que l’amour de l’argent est la racine de tous les maux (1 Timothée 6 :10 ; Hébreux 13 :5) et qu’on ne peut servir deux maîtres (Matthieu 6 :24) ? Alors pour éviter le mal, le chrétien vraiment spirituel est encouragé à fuir loin de l’argent, loin des biens matériels et à fixer ses yeux vers les biens du monde à venir, vers le ciel, où il passera l’éternité. La Bible ne dit-elle pas : « cherchez d’abord le royaume et la justice de Dieu, et toutes ces choses vous seront données par-dessus » ? (Matthieu 6 :33).
De ce qui précède on peut noter que l’association de la spiritualité profonde à la pauvreté matérielle vient d’une mauvaise lecture de l’argent et des biens matériels. Les chrétiens qui sont victimes de la théologie de la pauvreté glorifient la pauvreté et la considère comme une pré-condition pour la vraie spiritualité. Certainement, la théologie de la pauvreté résulte d’une lecture erronée de la Bible. Nous développerons une lecture correcte de l’enseignement biblique sur l’argent et les biens matériels en aval de cette étude.
Mais la théologie de la pauvreté ne va pas sans conséquences néfastes dans la vie des individus et des communautés qui l’acceptent. Une des conséquences la plus grande de la théologie de la pauvreté est qu’elle encourage les chrétiens à accepter le statu quo matériel dans lequel ils vivent. Pour ces chrétiens, les choses sont ce qu’elles sont ; en bien ou en mal. Et l’embrasse du statu quo amène à l’indifférence, à la résignation, et au désengagement fasse à souffrance matérielle et sociale qui affecte la communauté humaine. Les chrétiens qui acceptent la théologie de la misère ne s’inquiètent pas de la misère qui les frappe et frappe leurs communautés. Ayant les yeux tournés vers le ciel, ils ignorent, ou se bouchent les oreilles aux cris d’appel au secours lancés par l’humanité entravée dans les griffes de la souffrance. Les extrémistes parmi les tenants de cette théologie, embrassent la misère et font tout ce qu’ils peuvent pour la faire accepter des autres.
Il n’est pas exagéré de dire que la plupart de cultures et nations pauvres, le sont, non par manque de ressources matérielles. Elles le sont à cause de l’acceptation de la théologie de la misère qui les tiennent captives et les rendent aveugles, par conséquent incapables de sortir de leur misère. En effet, à force de vivre dans la pauvreté et d’être entouré par la pauvreté, un individu et une communauté peuvent finir par l’accepter, et à ne jamais essayer de s’en sortir !
- La théologie de la prospérité : une embrasse excessive de la richesse matérielle
En vérité, les prémisses de la théologie de la prospérité ne sont pas fausses. Avec raison, la théologie de la prospérité peut faire sienne les paroles suivantes de l’apôtre Paul: « Que personne donc ne mette sa gloire dans des hommes; car tout est à vous, soit Paul, soit Apollos, soit Céphas, soit le monde, soit la vie, soit la mort, soit les choses présentes, soit les choses à venir. Tout est à vous; et vous êtes à Christ, et Christ est à Dieu. » (1 Corinthiens 3 : 21-23)
La logique de la théologie de la prospérité est simple : Dieu est le propriétaire du monde ; par conséquent tout lui appartient, les richesses du monde y compris. Dans la Bible Dieu déclare clairement : « L’argent est à moi, et l’or est à moi, dit l’Eternel des armées. » (Aggée 2 :8). En outre dans le Psaume 50 : 7-12, le Seigneur affirme : « Écoute, mon peuple! et je parlerai; Israël! et je t’avertirai. Je suis Dieu, ton Dieu. Ce n’est pas pour tes sacrifices que je te fais des reproches; tes holocaustes sont constamment devant moi. Je ne prendrai pas de taureau dans ta maison, ni de bouc dans tes bergeries. Car tous les animaux des forêts sont à moi, toutes les bêtes des montagnes par milliers; Je connais tous les oiseaux des montagnes, et tout ce qui se meut dans les champs m’appartient. Si j’avais faim, je ne te le dirais pas, car le monde est à moi et tout ce qu’il renferme. » (Psaume 50 : 7-12 ; Deutéronome 10 : 14)
Comme le monde et toutes ses richesses appartiennent à Dieu, il est donc logique de conclure que toutes les richesses matérielles du monde appartiennent aux chrétiens, vu qu’ils sont des fils légitimes de Dieu à travers notre Seigneur Jésus-Christ. Les tenants de la théologie de la prospérité insistent sur le fait que tout chrétien né de nouveau doit obligatoirement prospérer matériellement, comme prospère leur âme sous la faveur de Dieu (3 Jean 1 : 2). En d’autres termes, il est inacceptable qu’il existe des chrétiens pauvres matériellement.
Que dire alors du fait que le nombre des chrétiens pauvres à travers le monde est bien élevé ? Les tenants de la théologie de la prospérité répondent ainsi : les chrétiens pauvres sont pauvres parce qu’ils sont soit incrédules et ne veulent pas accepter et recevoir le message de leur prospérité, ou ils sont coupables devant Dieu, et sont par conséquent privés de sa faveur. Si cette réponse était vraie, alors la majorité des chrétiens pauvres du monde seraient soit incrédules ou pécheurs !
Ainsi, bien que les prémisses de la théologie de la prospérité sont bibliques, les conclusions et les applications pratiques qu’elle fait ne vont pas sans conséquences néfastes dans la vie et le ministère chrétien de ceux qui y adhèrent sans retenu. En effet, la foi et la pratique aveugle et effrénée de la théologie de la prospérité produit les trois conséquences néfastes suivantes dans la vie et le ministère du leader chrétien : (1) la cupidité ; (2) les malversations financières.
- La théologie de la prospérité source de cupidité
Nous ne cesserons de le reconnaître, la théologie de la prospérité est belle et bien biblique. Mais une fois poussée à l’extrême, elle engendre la cupidité, l’avarice, le désir incessant d’avoir plus que le Seigneur ne nous donne. La cupidité prend contrôle du leader chrétien souvent sans qu’il ne s’en rende compte. Convaincu des prémisses bibliques de la théologie de la prospérité ; étant fasciné par la vérité biblique selon laquelle Dieu veut que nous prospérions « à tous égards », le leader chrétien pense, faussement, que c’est sa responsabilité désormais de faire venir l’argent de Dieu dans ses poches. Ce que les tenants de la théologie de la prospérité oublient, c’est que selon la Bible, la prospérité matérielle, l’argent et les richesses matérielles ne se gagnent pas par le flot de la sueur de ses efforts personnels. Non, selon la Bible, bien que le chrétien soit encouragé de travailler avec force et détermination, ce n’est pas son effort qui le rend riche ! Au contraire, selon la Bible ; « c’est la bénédiction de l’Eternel qui enrichit, et il ne la fait suivre d’aucun chagrin. » (Proverbes 10 : 22). Et les bénédictions de l’Eternel ne s’arrachent pas à force de poigne et de sueur. Au contraire, ceux et celles qui reçoivent la faveur de Dieu, prospèrent, deviennent riches, pendant qu’ils « dorment » ! Le psalmiste confesse : «Si l’Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain; si l’Éternel ne garde la ville, celui qui la garde veille en vain. En vain vous levez-vous matin, vous couchez-vous tard, et mangez-vous le pain de douleur; Il en donne autant à ses bien-aimés pendant leur sommeil. » (Psaume 127 : 1-2)
Ainsi, selon la Bible, les saints, ceux qui sont bénis par Dieu ne sont jamais gagnés par la cupidité au point de se lancer dans la poursuite des richesses matérielles. Les saints de la Bible deviennent riches, non pas en devenant des esclaves du travail ou des quémandeurs professionnels. Au contraire, les richesses matérielles des saints leur sont données « pendant leur sommeil » ; quand ils ne font rien ! C’est le matin, une fois que Dieu leur a déjà donné leurs richesses que les saints prospères vont dans leurs champs ou dans leur lieu de travail pour « ramasser » l’argent et les richesses matérielles que Dieu leur a données pendant qu’ils dormaient !
Ainsi, le leader chrétien qui veut savoir s’il est déjà tombé dans le piège spirituel de la théologie de prospérité excessive doit se poser la question suivante : - combien de fois, moi-même ou mes délégués poussent-ils les membres de notre église ou de notre organisation à donner de l’argent pour l’œuvre de Dieu ? Certainement, en tant que leader, nous avons la responsabilité d’encourager les membres de notre église à participer financièrement pour répondre aux besoins du royaume de Dieu. Mais quelle est la fréquence des demandes d’argent dans notre église ? Mettons-nous les membres sous pression pour qu’ils donnent, même quand honnêtement ils ne sont pas en mesure de donner au-delà de ce qu’ils donnent déjà ? Sommes-nous entrain d’encourager nos membres de « vendre » leurs biens ; même quand ils n’en ont pas envie, pour donner à l’église ? Est-ce que les membres de notre église ont-ils besoin, chaque dimanche, d’une petite exhortation avant l’offrande pour qu’ils donnent plus ?
Dans la Bible, l’apôtre Paul ordonne : « Sachez-le, celui qui sème peu moissonnera peu, et celui qui sème abondamment moissonnera abondamment. Que chacun donne comme il l'a résolu en son cœur, sans tristesse ni contrainte; car Dieu aime celui qui donne avec joie. … » (2 Corinthiens 9 : 6-7). Est-ce que nos membres donnent comme ils ont résolus dans leurs cœurs sans pression, ni tristesse ? Ou au contraire, nous faisons tout pour rappeler, jusqu’à la nausée, à nos membres qu’ils doivent donner, même ce qu’ils n’ont pas ? Culpabilisons-nous nos membres afin de les pousser de donner plus ? Manipulons-nous les Ecritures Saintes afin de pousser nos membres à donner plus, afin de recevoir les bénédictions de Dieu ?
Certainement, la Bible dit que chacun moissonnera selon ce qu’il a semé ; mais est-ce que ce texte nous donne le droit d’obliger nos membres de moissonner plus dans les caisses de l’église, même s’ils ne veulent pas ? En résumé, toute pression financière visible ou voilée exercée sur les membres de l’église afin qu’ils donnent plus, est le signe visible que le leader chrétien est déjà gagné par la cupidité.
Comme affirmé précédemment, la cupidité c’est le désir d’avoir plus que ce que le Seigneur nous a donné. C’est le désir de gagner plus d’argent, par n’importe quel moyen, même la manipulation de la Bible et des enfants de Dieu. Et l’apôtre Paul écrit : «Mais ceux qui veulent s'enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments. » (1 Timothée 6 : 9-10)
En tant que leaders chrétiens, nous sommes sur la pente glissante de la cupidité matérielle quand nous sommes gagnés par l’esprit de concurrence et de jalousie vis-à-vis des biens matériels que le Seigneur accorde à d’autres serviteurs et servantes de Dieu. Avions-nous remarqués que tel serviteur de Dieu a décoré son église locale d’une certaine manière ? Nous voulons aussi à tout prix décorer notre église locale de la même manière, pourquoi pas plus ? Avions-nous remarqué que le leader voisin s’habille avec des vêtements achetés directement en occident ou dans des maisons de vente particulières, alors nous voulons aussi à tout prix nous habiller de la même façon. Avions nous remarqués que notre voisin leader conduit une voiture Mercédès, nous la voulons aussi. Nous faisons tout pour vendre notre voiture japonaise ou française et nous nous lançons à la recherche de la Mercédès. Puis, le Dieu du ciel bénit encore le même voisin leader pendant son sommeil. Maintenant il conduit un véhicule 4x4 aux vitres fumées ! Nous aussi, avec hâte et halètement, nous nous enfonçons la tête baissée à la poursuite du véhicule 4x4. Notre ami leader béni dans son sommeil s’en va en vacances en Occident, nous aussi nous courons vers les ambassades occidentales de notre ville pour chercher le visa et aller nous faire refroidir en occident pendant l’hiver, que nous n’avions jamais connu !
Mais d’où viendra pour nous permettre de garder la course et de la gagner contre notre voisin leader bénit par le Seigneur, la nuit pendant son sommeil ? Cet argent viendra des membres de l’église ou de l’organisation chrétienne que nous dirigeons. Si nous sommes pasteurs de paroisse, la cupidité nous poussera à demander, demander et demander, jusqu’à causer la nausée des membres de l’église ! Mais avec l’habitude, nous ne devenons aveugles et sourds au fait que l’avarice, la culpabilité, le désir d’avoir comme ou plus que les autres leaders, a fait de nous des mendiants ecclésiastiques ; des chasseurs des dîmes ; des bénisseurs automatiques de tous ceux et celles qui ont de l’argent à nous donner. Alors, malheureusement, consciemment ou inconsciemment, nous rejoignons le nombre de malfrats ecclésiastiques qui ont toujours donné honte au nom de Dieu et de son église. Les paroles négatives suivantes de l’apôtre Paul s’appliquent à nous : « Au reste, mes frères, . . . Je ne me lasse point de vous écrire les mêmes choses, et pour vous cela est salutaire. Prenez garde aux chiens, prenez garde aux mauvais ouvriers, prenez garde aux faux circoncis. . . . Car il en est plusieurs qui marchent en ennemis de la croix de Christ, je vous en ai souvent parlé, et j’en parle maintenant encore en pleurant. Leur fin sera la perdition; ils ont pour dieu leur ventre, ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte, ils ne pensent qu’aux choses de la terre. » (Philippiens 3 : 1-19) La culpabilité causée par la théologie de la prospérité crue ou pratiquée inconsciemment représente un piège mortel, parce qu’elle enfonce le leader chrétien dans les malversations financières.
- La théologie de la prospérité source des malversations financières
La malversation financière est un vol feutré, parce qu’elle consiste au détournement des biens financiers ou matériels de leurs usages premiers. Dans la vie et le ministère du leader chrétien, la malversation financière c’est un désordre financier volontaire dont le but de satisfaire les désirs ou les besoins du leader qui sortent des limites reconnues par l’église ou l’organisation que l’on dirige.
Voici ce que j’avais écrit sur ce sujet dans mon livre intitulé : Le pasteur et ses problèmes : « Les malversations financières vraies, ou les fausses accusations de malversations financières naissent dans la plupart de nos églises quand le pasteur, se croyant ou se sentant le maître absolu de l’église, s’occupe directement de la gestion financière des recettes et biens de l’église, ou met à ce poste quelqu’un qui lui est dévoué. Alors commencent les soupçons, les colportages et la méfiance des membres de l’église vis-à-vis de ce dernier.
Les vraies malversations financières, la dilapidation des biens de l’église intervient quand le système financier mis en place par le pasteur lui permet d’utiliser les biens de l’église sans en rendre compte. Bien vite, s’ajoutent aux dépenses de l’église, des dépenses personnelles qui ne peuvent être justifiées parce que le manque d’un système de comptabilité fiable crée des zones d’ombre dans lesquelles l’irrégularité foisonne.
Une autre cause de malversations financières des pasteurs dans les églises est l’engagement en secret de ces derniers, à contracter des dettes avec les fonds de l’église, dans le but de les utiliser à des fins personnels. Dans la plupart des cas, l’échéance accordée ne pouvant être respectée, l’affaire secrète entre le pasteur et les financiers de l’église parvient à la connaissance de tous. Souvent, nous nous demandons comment il est possible que les pasteurs qui sont sensés être les croyants par excellence s’empêtrent dans des situations financières si déplorables ?
Plusieurs causes expliquent les scandales financiers qui déchirent nos églises, mais l’orgueil est peut-être une des causes premières de ces situations malheureuses. Plusieurs serviteurs de Dieu considèrent les églises comme leurs propriétés privées et trouvent qu’ils n’ont des comptes à rendre à personne. La tentation d’orgueil guette en particulier les pasteurs-apôtres qui ont été à la base de la fondation des églises, ou ont travaillé à l’épanouissement des églises sur lesquelles ils trônent désormais comme des patriarches. Ce sont souvent des pasteurs vieux, qui ont eux-mêmes amené tous les membres du conseil de l’église à Christ et qui les ont vus grandir dans la foi. Les membres du conseil de l’église ont alors une déférence totale à ces pasteurs patriarches devant lesquels ils ne parviennent jamais à ouvrir la bouche pour les contredire.
Mais l’orgueil qui prélude à la malversation financière n’affecte pas seulement les vieux pasteurs, fondateurs et patriarches de leurs églises. Ce mal affecte aussi les jeunes pasteurs dont la puissance spirituelle impressionne tous les membres de l’église qui ne parviennent plus à les contredire, quand bien même ces pasteurs ne sont que des nouveaux venus. Les pasteurs, jeunes ou vieux, qui ont une forte personnalité finissent par influencer ou par imposer leur volonté à leurs églises au point que celles-ci finissent par les suivre aveuglement jusqu’au désastre spirituel et financier.
Que doit donc faire le pasteur sage et avisé pour éviter les malversations financières ?
Sans délai, le pasteur qui veut servir le Seigneur loin du scandale financier doit mettre en place au sein de son église un service financier viable. Ce service doit être composé des personnes ayant une bonne moralité, mais possédant aussi une certaine capacité dans le domaine financier. Les membres de ce service doivent être élus par l’assemblée et doivent travailler selon un mandat établi, avec alternance d’une équipe nouvelle qui joindrait une partie de l’ancienne équipe, afin d’éviter que le service ne soit composé que des nouveaux qui ne seront pas en mesure de suivre les écritures passées par l’équipe précédente.
Le statut de l’église stipulera clairement que pendant et avant la passation de service avec la nouvelle équipe en place, le service financier présentera le rapport de ses activités à l’assemblée avec pièces justificatives à l’appui.
Aussi, sera stipulé dans le statut, que le pasteur ne sera jamais membre du service financier. Si nécessaire, le travail d’audition du service financier sera confié aux membres de l’église ayant une expérience en la matière ou aux experts qui reporteront à l’assemblée de l’église.
Il sera aussi stipulé dans le statut de l’église que les questions de salaire, et des avantages sociaux du pasteur seront débattus non pas par le service financier, mais par le conseil des anciens avant d’être présentées à l’assemblée pour appréciation et décision. En d’autres termes, le pasteur ne devra avoir aucun contact direct avec les membres du service financier. Toutes les dépenses liées au fonctionnement de l’église seront effectuées par les membres de ce service. Le seul contact que le pasteur aura avec les membres de ce service se limitera à celui de la réception de son salaire mensuel.
Le statut stipulera aussi que le pasteur recevra un salaire fixe, à une date fixe. Les questions des dîmes et dons spéciaux faits au pasteur seront résolues par le service financier et les biens remis au pasteur par ces derniers.
Le pasteur sage s’engagera à ne pas trop parler des questions financières à son église. En cas de nécessité, il pourra encourager l’église à donner, mais jamais ne se fera un « fundraiser » (leveur des fonds) en chef qui fatiguera l’église par ses supplications ou menaces pour soutirer un peu plus d’argent des membres.
Mais nous pasteurs, sommes-nous prêts à nous rabaisser de la sorte ; nous qui souffrons de la maladie d’orgueil ; nous qui avons la fausse impression que sans nous nos églises ne marcheraient pas et qu’en conséquence nous devons tout diriger ou contrôler ? Mais le pasteur sage est celui qui sait créer un environnement financier qui écarte toute possibilité de soupçon ou de malversation financière de sa part. » (pp. 66-68)
Seuls les leaders aveugles et empêtrés dans les liens de la cupidité prendront à la légère les avertissements que nous présentons dans ces pages. La théologie de la prospérité exagérée produit des ravages dans la vie et le ministère des leaders chrétiens. La théologie de la prospérité poussée à l’extrême ne cesse de produire des victimes dans les rangs du leadership chrétien au niveau mondial. La liste des leaders empêtrés dans les scandales financiers à cause de leur poursuite acharnée de la prospérité matérielle ne cesse de s’allonger. Faut-il en donner des exemples ? Chacun de nous a déjà entendu parler des pasteurs cupides qui rançonnent leurs membres à coup de versets bibliques et sans honte se pavanent dans leurs cités, à la honte du Christ et de son église. Pour éviter le double piège qui consiste à glorifier la pauvreté matérielle en la spiritualisant ; ou à glorifier la prospérité matérielle en la poursuivant coûte que coûte ; nous proposons une lecture biblique de l’argent et des biens matérielles, respectueuse de son contexte scripturaire.
- Enseignement biblique sur l’argent et les biens matérielles
En général, deux aspects peuvent être distingués de l’enseignement biblique sur l’argent. L’aspect négatif et l’aspect positif.
(1) L’aspect négatif de l’argent : l’argent comme « Mammon »
Comme indiqué précédemment, l’imaginaire religieux des plusieurs leaders de l’église continue de trouver une incompatibilité totale entre la vie chrétienne spirituelle et l’argent. Nous avions indiqué que cette incompatibilité vient d’une lecture unidirectionnelle de Matthieu 6 : 24 : « Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon. » Mais quel est le sens de Matthieu 6 : 24 ? Qui est Mammon ? Ici n’est pas le lieu d’offrir une exégèse détaillée du texte cité. Qui ou qu’est-ce que Mammon contre lequel le Christ parle ?
Le nom Mammon est d’origine syriaque. Il était donné à une idole adorée comme le dieu de la richesse. Mammon est donc le dieu de la richesse, le dieu de l’argent. En Israël, le terme signifiait l’argent dans sa puissance dominatrice et corruptrice.
Le texte de Matthieu 6 : 24 donne une lecture négative de la richesse matérielle, de l’argent parce qu’il place Mammon au même pied d’égalité que Dieu. En d’autres termes, la richesse est mauvaise quand elle s’érige en un dieu adoré au même titre que le Dieu créateur. « Nul ne peut servir deux maîtres » signifie qu’il est impossible de placer Dieu et la poursuite de l’argent au même pied d’égalité. L’argent devient un problème dans ce texte non parce qu’il représente le pouvoir d’achat, mais parce qu’il s’élève comme un pouvoir dominateur qui cherche à contrôler la vie de celui qui en possède.
La même lecture négative de l’argent se retrouve sous la plume de l’apôtre Paul. A Timothée son fils spirituel l’apôtre Paul écrit : « Car l’amour de l’argent est la racine de tous les maux ; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments. » (1 Timothée 6 : 24).
Il est important de noter que l’affirmation de l’apôtre commence par un « car » qui marque la conclusion d’un point développé précédemment. Quel est le point développé précédemment ? Pourquoi est-ce que l’amour de l’argent est la racine de tous les maux ? L’apôtre Paul répond en nous rappelant ce qu’il a dit aux versets précédents sur les dangers spirituels créés par l’argent : « C’est, en effet, une grande source de gain que la piété avec le contentement ; car nous n’avons rien apporté dans le monde, et il est évident que nous ne pouvons rien emporter ; si donc nous avons la nourriture et le vêtement, cela nous suffira. Mais ceux qui veulent s’enrichir tombent dans la tentation, dans le piège, et dans beaucoup de désirs insensés et pernicieux qui plongent les hommes dans la ruine et la perdition. Car l’amour de l’argent est une racine de tous les maux. » (1 Timothée6 :6-10).
L’enseignement négatif de l’apôtre Paul sur l’argent n’est pas causé par la réalité de l’argent en tant que pouvoir d’achat mais par l’amour de l’argent, la poursuite de la richesse et les tentations et mauvais désirs que cela entraîne. Selon l’apôtre Paul ce n’est pas l’argent qui est la racine de tous les maux mais plutôt l’amour de l’argent.
Mais pourquoi est-ce que l’amour de l’argent est-il un problème pour l’apôtre Paul? L’enseignement de l’apôtre Paul contre l’amour de l’argent est fondé sur le grand commandement de l’amour exclusif pour Dieu et pour le prochain. A Israël le Seigneur avait ordonné : « Ecoute, Israël ! L’Eternel, notre Dieu, est le seul Eternel. Tu aimeras l’Eternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. » (Deutéronome 6 : 4-5). Le Christ confirme le même commandement à l’Eglise en insistant que l’amour exclusif pour Dieu et le prochain représente le plus grand commandement qui résume toute la loi de Dieu. Aux pharisiens qui l’interrogeaient sur le plus grand commandement de la loi le Christ répond : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes. » (Matthieu 22 : 37-40).
L’amour de l’argent est la racine de tous les maux parce qu’il détrône Dieu et le prochain comme objet d’attention et place les mauvais désirs comme priorité. En effet, il est impossible d’aimer l’argent sans chercher à l’acquérir ou à l’utiliser au dépens des autres. La recherche de l’argent oblige la compétition et l’élimination des concurrents. La recherche des plaisirs apportés par l’argent oblige à chosifier le prochain dans le but de l’exploiter. Aimer l’argent c’est chercher à l’acquérir par tous les moyens et à tout prix. Vouloir s’enrichir c’est tout faire et tout mettre en œuvre pour augmenter son avoir.
L’argent est donc un problème quand il devient notre maître au lieu d’être notre serviteur. L’argent est un problème quand il nous monte dans la tête et nous fait faire des choses négatives que nous ne ferions jamais si nous n’avions pas les moyens matériels que nous avons. L’argent est vraiment un problème quand il nous contrôle et nous dirige. L’argent qui contrôle notre volonté devient donc Mammon, la force négative qui nous aliène Dieu et nous aliène le prochain. Alors, le croyant, le serviteur de Dieu sérieux doit se séparer non pas de l’argent, mais de l’emprise qu’il exerce sur lui afin d’être complètement dévoué à Dieu.
(2) L’aspect positif de l’argent : l’argent comme bénédiction divine
Les prédicateurs de l’Evangile de la prospérité, malgré leurs exagérations, enseignent la vérité sur le fait que Dieu est celui qui bénit les siens aussi bien spirituellement que matériellement. Dans l’épître aux Ephésiens, l’apôtre Paul affirme qu’en Christ, les croyants sont bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes. (Ephésiens 1 :3). Les bénédictions « spirituelles » dont parle l’apôtre ne sont pas seulement « spirituelles. » Les bénédictions spirituelles de Dieu en Christ sont les bénédictions de sa grâce qui apportent son shalôm, le bien-être spirituel, matériel et social dans la vie du croyant.
Le Dieu de la Bible est connu comme le Dieu de la bénédiction. Depuis la création, Dieu est celui qui bénit sa créature et la rend féconde (Genèse 1 :27-28). A Abraham, l’homme par qui Dieu commence son plan du salut pour le reste du monde, Dieu promet sa bénédiction spirituelle et matérielle. « L’Eternel dit à Abram : Va-t’en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai ; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. » (Genèse 12 :1-2). Et sur Abraham il est plus tard écrit : « Abram était très riche en troupeau, en argent et en or. » (Genèse 13 :2).
Le même témoignage de la bénédiction spirituelle ayant des conséquences matérielles peut être fait de Job et de David. De Job il est dit : « Il y avait dans le pays d’Uts un homme qui s’appelait Job. Et cet homme était intègre et droit : il craignait Dieu, et se détournait du mal. Il lui naquit sept fils et trois filles. Il possédait sept mille brebis, trois mille chameaux, cinq cents ânesses, et un très grand nombre de serviteurs. Et cet homme était le plus considérable de tous les fils de l’Orient. » (Job 1 :1-3). De David il est écrit après sa mort : « David fils d’Isaï, régna sur tout Israël. Le temps qu’il régna sur Israël fut de quarante ans : à Hébron il régna sept ans, et à Jérusalem il régna trente-trois ans. Il mourut dans une heureuse vieillesse, rassasié de jours, de richesse et de gloire. Et Salomon son fils régna à sa place. » (1 Chroniques 29 :26-28).
Même s’il n’est pas possible de faire des généralisations à partir de quelques exemples seulement, il n’est pas exagéré d’affirmer que dans l’Ancien Testament ceux qui appartiennent à Dieu vivent dans la sphère de sa bénédiction. Dieu assure le bien être spirituel et matériel de ceux qui vivent dans la communauté de son alliance. A Israël, en tant que nation, Dieu promet la prospérité s’il vit selon la loi de Dieu. « Si tu obéis à la voix de l’Eternel ton Dieu, en observant et en mettant en pratique tous ses commandements que je te prescris aujourd’hui, l’Eternel, ton Dieu, te donnera la supériorité sur toutes les nations de la terre. Voici toutes les bénédictions qui se répandront sur toi et qui seront ton partage, lorsque tu obéiras à la voix de l’Eternel, ton Dieu. … L’Eternel ordonnera à la bénédiction d’être avec toi dans tes greniers et dans toutes tes entreprises. Il te bénira dans le pays que l’Eternel, ton Dieu, te donne … L’Eternel te comblera de biens, en multipliant le fruit de tes entrailles, le fruit de tes troupeaux et le fruit de ton sol, dans le pays que l’Eternel a juré à tes pères de te donner. L’Eternel t’ouvrira son bon trésor, le ciel, pour envoyer à ton pays la pluie en son temps et pour bénir tout le travail de tes mains ; tu prêteras à beaucoup de nations, et tu n’emprunteras point. » (Deutéronome 28 :1-14).
Dans le Nouveau Testament, la richesse matérielle accompagne la naissance et le ministère de Jésus. Même si le Christ naît dans la pauvreté de l’étable, son jeune âge est vécu avec la richesse matérielle apportée par les mages d’orient ; l’or, l’encens et le myrrhe (Matthieu 2 :11). Le ministère nomade de Jésus est soutenu par les ressources financières des femmes riches qui le suivaient (Luc 8 :2-3). En faveur des Philippiens l’apôtre Paul prie : « Et mon Dieu pourvoira à tous vos besoins selon sa richesse, avec gloire, en Jésus-Christ. » (Philippiens 4 :19).
Même si le Nouveau Testament n’enseigne pas explicitement que tous les croyants seront automatiquement riches à cause de leur conversion à Christ, il reconnaît toutefois qu’ils sont bénéficiaires de la grâce divine qui actualise dans leur vie toutes les promesses du bien-être et de stabilité spirituelle et matérielle faites dans les Ecritures.
La richesse matérielle, l’argent, la santé spirituelle et physique sont tous des biens qui découlent de la miséricorde divine. Le Nouveau Testament enseigne que Dieu est celui qui accorde toute chose bonne à ses enfants et que tout ce qu’ils ont, ils l’ont reçu de la main divine (1 Timothée 6 :17-19; 1 Corinthiens 4 :7).
Parce qu’ils reçoivent tout de la main divine, les croyants sont encouragés à jouir de toute chose avec action de grâce. La jouissance des biens spirituels et matériels reçus de Dieu se fait dans l’esprit de la libéralité sacrificielle. La richesse matérielle, l’argent n’est donc pas un problème pour le croyant aussi longtemps qu’il l’utilise avec action de grâce pour la gloire de Dieu.
En d’autres termes, les croyants doivent comprendre que la richesse matérielle, l’argent est une bonne chose ; il est même le signe de la bénédiction divine. Parce qu’étant une bénédiction divine, l’argent doit être utilisé avec action de grâce et d’une manière responsable.
Une des conséquences immédiates de l’enseignement biblique sur la richesse est que les croyants doivent sortir de la culpabilité que l’aspect négatif de l’argent a créé en eux pour se préparer à entrer et à vivre dans la nouvelle sphère des bénédictions spirituelles et matérielles en Christ. Les croyants doivent réfléchir sur comment travailler efficacement pour accueillir les bénédictions divines, et comment les garder et les utiliser effectivement.
Mais, l’embrasse de la lecture positive de l’argent et des biens matériels ne doit pas plonger les leaders chrétiens dans l’oubli du danger réel qui vient de l’amour de l’argent. S’il est encouragé que nous embrassions les bénédictions divines qui nous ouvrent l’argent et les biens matériels, nous ne devons jamais embrasser l’argent et les biens matériels eux-mêmes. En effet, l’argent et les biens matériels une fois embrassés, agissent comme des « aimants spirituels » qui « aspirent » notre âme vers eux et les dominent. Seuls les leaders chrétiens naïfs ignorent la puissance négative de l’argent. L’argent devient facilement un dieu qui nous colonise ; nous fait courir, nous enlève le sommeil la nuit ; nous fait mentir et finalement, nous fait sortir complètement de la volonté de Dieu. Les autoroutes ecclésiastiques sont jonchés d’épaves des serviteurs et servantes de Dieu, hier puissants, aujourd’hui immobilisés, en rouille, sous formes de ferrailles ou mitrailles spirituels, sujets du frottement des mains et des rires sardoniques de l’ennemi et de ses acolytes humains ; les adversaires de toujours !
Commentaires
Il n'y a aucun commentaire pour cette entrée encore. Soyez le premier!

